Module

Un module est une appellation désignant un ensemble de formats de données audio numériques qu'on compose avec un logiciel d'édition, plus couramment nommé tracker ou sound tracker.



Catégories :

Demoscene - Format de données numériques - Informatique musicale - Tracker

Définitions :

  • Avec Linux, un module est un ensemble de routines qui ont une fonction au niveau dispositif et peuvent être dynamiquement chargées et déchargées... (source : linux-kheops)
  • modules - fichiers sons utilisant la technique du sampling (source : btfrance)

Un module est une appellation désignant un ensemble de formats de données audio numériques qu'on compose avec un logiciel d'édition, plus couramment nommé tracker ou sound tracker.

La différence majeure avec les formats audio récents comme MP3, OGG ou AAC est que la musique est fabriquée au fur et à mesure qu'elle se joue en combinant pistes, partition, et instruments. La différence avec les Chiptunes qui sont aussi des modules est que les instruments ne sont pas générés synthétiquement par le processeur.

Histoire

En 1987, Karsten Obarski crée son premier logiciel d'édition musicale sur l'ordinateur Amiga de Commodore : Ultimate Soundtracker en utilisant un nouveau format audio qu'il crée : le module.

À l'époque, les deux seules manières de faire de la musique numérique sont soit d'utiliser les processeurs audio des machines en les programmant, soit de composer au format MIDI. La première manière est rébarbative même pour un programmeur, et la seconde demande un gros investissement financier pour obtenir une bonne qualité en sachant pertinemment que le rendu dépend de la machine.

Karsten Obarski choisit une troisième voie : générer de façon logicielle la totalité du signal audio numérique pour le transmettre à un dispositif chargé de reproduire le son. C'est a priori la méthode la plus lourde, mais en générant le flux de données numériques au fur et à mesure de la lecture, cela ne demande que peu de mémoire. Le format devient alors indépendant des puces électroniques de la machine et permet aux musiciens de travailler sur un format plus souple et plus intuitif.

Présentation

Les modules apportent plusieurs avantages :

Les inconvénients comparé aux formats récents :

Les modules font partie de l'histoire de la techno.

Les modules représentent un très bon compromis entre le temps de calcul et l'encombrement mémoire : un module est énormément plus petit qu'un format MP3, et utilise toujours moins de temps processeur. Les développeurs de jeux datant de l'époque de l'Amiga et de l'Atari s'en sont beaucoup servis, et même certains jeux plus récents utilisent des modules, par exemple Deus Ex.

Il est toujours utilisé actuellement dans des contextes particulièrement spécifiques, surtout lorsque l'espace de stockage offert aux développeurs ainsi qu'aux musiciens est particulièrement limité. Par exemple dans la Gameboy Advance, les calculatrices scientifiques, ou dans des programmes conçus lors des concours de développement : les Demoparties, ou la scène démo.

Éléments du format

Le format utilise quatre principaux éléments :

La partition

La partition représente une phrase rythmique constituée de quelques mesures. Elle identifie la succession des notes de musique jouées par un instrument à un moment précis. Originairement, il est envisageable de placer 64 notes à la suite pour chaque canal dans une partition. Les partitions peuvent être répétées ou jouées dans un ordre défini dans une séquence de partition, et permettent au musicien de créer le morceau de musique finale. Cette structure existe aussi dans les partitions de musique.

Les instruments

Un instrument est constitué essentiellement d'un échantillon sonore (sample) et d'informations caractérisant cet échantillon, mais aussi la manière dont il sera joué. On trouve par exemple son nom, dont l'utilisation a largement été détournée par les musiciens pour faire de l'ASCII Art et ainsi afficher des commentaires à travers l'interface graphique des trackers.

Les canaux

Les canaux'sont liés et regroupés dans une partition. Le nombre d'instruments pouvant être joués en même temps dépend du nombre de canaux. Une exception existe et est envisageable via les effets selon le format du module. Originairement, il n'était envisageable de n'avoir que 4 canaux, 2 à droite et 2 à gauche. Les versions suivant des trackers ont permis d'atteindre 128 canaux, de pouvoir les mixer entre eux et de choisir leur Balance audio.

Les effets

Des effets peuvent être ajoutés à chaque note et sur chaque canal. Ils permettent par exemple d'effectuer des modifications sur le son ou sur la lecture de la partition. Voici quelques exemples d'effets classiques :

  • portamento montant et descendant,
  • changement du volume de la note ou du canal,
  • modification du tempo,
  • arpège,
  • vibrato,
  • saut dans la partition ou vers une autre partition,
  • décalage, répétition ou coupure d'une note,

Formats existants

Il est impossible de lister l'ensemble des formats de module puisque les développeurs de jeux vidéo ont été amenés à créer leurs propres formats pour protéger leurs œuvres ou apporter des améliorations. Pour cette raison, il est fréquemment impossible de récupérer le morceau avec un «ripper» (logiciel d'extraction de donnée) pour pouvoir l'écouter avec un lecteur externe au jeu. Dans ce cas les spécifications du format sont issu d'une rétro-ingénierie du jeu.

Quelques formats de modules :

8 Voices SoundTracker BugSoundTracker ChipTracker Compact ModFile Composer669
DeltaMusic Digital Illusions DSS EMS Eureka Packer
FastTracker Future Composer Game Music Creator GraveComposer IceTracker Images Music System
Impulse Tracker MED MultiTracker NoisePacker
Octalyser PowerTracker Promizer ProRunner ProTracker
QuadraComposer Rob Hubbard SGT-Packer SonicArranger
SoundClub SoundControl Soundfactory SoundMaster SoundTracker ST-Cruncher
StoneTracker SymphonyPleasure SynTracker TakeTracker TFMX Pro The Player
Tracker Song Ultimate Soundtracker UltraTracker X-Tracker YM Zen Packer

MOD, SoundTracker

MOD est le format le plus ancien, créé en 1987 par Karsten Obarski avec son logiciel : Ultimate Soundtracker.

Il supporte originellement 4 canaux pour s'adapter aux spécificités du coprocesseur audio de l'Amiga, mais supporte jusqu'à 64 canaux avec les versions suivantes.

La moitié des canaux servent pour la balance gauche et l'autre pour la balance droite. C'est à la base, pour cela que la présentation de la partition est verticale : l'axe du temps allant de haut en bas. Cette présentation a ensuite été conservée par les éditeurs de trackers.

Le temps entre chaque note est fixé à 0, 02 seconde, car SoundTracker utilisait à l'origine l'horloge de synchronisation verticale de l'écran qui tournait à 50 Hz (en Europe).

Il utilise, aussi pour des raisons matérielles, des échantillons de 8-bit qui permettent d'être directement envoyés au coprocesseur audio sans aucune autre transformation de la part du processeur.

S3M, ScreamTracker 3

Son nom vient de l'abréviation de «ScreamTracker 3 module». Il a été créé par les Finlandais du Future Crew et , surtout Sami Tammilehto vers 1993 dans leur duel contre un autre éditeur de modules appelé FastTracker.

Les partitions sont compressées en utilisant un simple algorithme run-length, particulièrement efficace dans ce cas précis, puisque les partitions contiennent le plus souvent énormément de caractères vides «0x00» (0 en hexadécimal codé C).

On peut régler pour chaque note soit le volume, soit la balance du canal, ce qui sert à travailler beaucoup les modules. Ce format est particulièrement utilisé pour les modules instrumentaux.

XM

Son nom vient de l'abréviation de «Fast Tracker 2 Extended Module». Il a été créé par Triton et son tracker FastTracker 2 vers 1993. Ce format permet d'associer aux échantillons une enveloppe pour le volume et de régler exactement la balance droite gauche. Il possède un algorithme basique de compression des échantillons.

IT, Impulse Tracker

Le nom de ce format vient de l'abrégé de son tracker : Impulse Tracker.

MO3

Ce nom vient du mélange barbare entre MOD et MP3. Il permet d'encapsuler les formats de modules les plus utilisés (IT, MOD, MTM, S3M, XM) en compressant les échantillons audio en MP3, OGG ou si l'échantillon ne supporte pas bien la compression, une compression sans perte. Le reste des données est aussi compressé.

La compression fonctionne mieux pour les échantillons codés en 16-bits.

MO3 n'est pas un format public, cependant une pétition existe pour que les spécifications soient rendues publiques. A priori, l'auteur doit juste prendre le temps de rédiger une spécification correcte. Une version non officielle des spécifications du format existe toutefois : The unofficial MO3 file format specification, avec des exemples de code source.

Quelques autres formats

Format particulièrement léger, car les échantillons ne sont pas présents «physiquement», mais synthétisés pendant l'exécution. Ce format a été créé pour se rapprocher au maximum du son généré par le Commodore 64. Une variante a été créée à partir de ce format : le HVL ou Hively Tracker.
Ce format ressemble beaucoup à un MOD. Seul l'agencement des informations n'est pas le même. Il supporte 8 canaux. De plus il permet l'utilisation de sons synthétiques
Créé pour Nerd Tracker II. La version standard ne possède pas d'échantillon numérique, mais des informations pour les générer, une version étendue utilise des échantillons numériques compressés dont la fréquence est limitée par l'électronique de la NES. Chaque canal est indépendant et une partition maîtresse existe pour chacun d'eux.
Basé sur le format MOD, pour lui faire supporter 8 canaux sur un Amiga.
Ces packages sont des sortes de ZIP plus ou moins gros comprenant un ou plusieurs modules à jouer sur une "map" d'Unreal. Les packages UMX récents ne permettent plus d'enregistrer des modules à l'intérieur, mais uniquement des OGG.
Ce format peut utiliser des samples au format MP3 et offre jusqu'à 128 canaux et il a été créé pour le logiciel Amiga DigiBooster Pro.

D'autre part, il existe la plupart d'autres formats qui ont de légères variantes à des formats existant ou qui sont particulièrement peu représentés [1] ses formats le plus souvent caractérisés d'exotique, un logiciel permettant d'extraire la plupart de variantes englobé dans des fichiers plus vastes s'appelle ainsi Exotic Ripper.

Son avenir

Actuellement, les modules, et en particulier le format IT (le plus récent), proposent énormément de paramètres et de fonctionnalités. On peut avec créer une musique extrêmement particulièrement élaborée, pour peu qu'on dispose de bons samples et qu'on travaille la réverbération des sonorités ; les plugins VST et VSTi sont supportés par les derniers séquenceurs. Cependant, les séquenceurs sont de moins en moins utilisés au profit de logiciels commerciaux qui sont conçus pour un plus large public en fournissant des échantillons sonores donnant la possibilité ainsi la création immédiate de musique, tandis qu'il faut charger un à un ces mêmes échantillons sonores dans un séquenceur.

De plus, les formats sonores finaux proposés par les séquenceurs ne sont plus particulièrement connus du grand public qui a plutôt l'habitude d'écouter des musiques au format MP3, lisibles par n'importe quel baladeur supportant la lecture de tels fichiers. La tendance est à la disparition des modules musicaux.

Créer un module

ModPlug Tracker

Un éditeur de module (ou Tracker (musique) ) sert à composer son propre module ou d'en modifier un existant. Certains permettent d'enregistrer et de modifier les échantillons utilisés.

Les trackers les plus connus sont les suivants :

  • Ultimate Soundtracker
  • ProTracker
  • NoiseTracker
  • FastTracker
  • Impulse Tracker
  • ModPlug Tracker
  • ScreamTracker

Notes et références

  1. (en) Exotica file format and replay page, différentes versions des formats de modules sur Amiga, mais aussi les formats exotiques.

Liens externes

Recherche sur Amazon (livres) :



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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/04/2010.
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